Les instruments de musique
LE DIDJERIDOO

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         Un instrument typique de la Terre d'Arnhem est le DlDJERlDOO: un instrument à vent composé d'un tube de bois légèrement conique et long d'environ 150 cm. Celui-ci est construit dans une branche d'eucalyptus, dont le centre a été rongé par les termites. Les parois du tube ont une épaisseur d'un centimètre. L'extrémité la plus étroite (5 à 7 cm de diamètre), porte une couche de cire d'abeilles ou de gomme en guise d'embouchure. Le musicien joue assis par terre, les jambes étendues, I'autre extrémité (10 à 15 cm de diamètre) reposant sur ses doigts de pieds. Il importe que les parois du tube ne présentent pas de fêlures, car celui-ci doit faire résonner les sons émis par la gorge du souffleur. On ne joue pas du didjaridoo: on le "tire"- expression assez réaliste, puisque la colonne d'air vibre sans interruption selon la technique du   souffle continu.   Le son est polyphonique et ressemble à celui produit par un orgue ou un harmonium.
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            Le didjeridoo joue également un rôle important dans les rituels: au cours de la cérémonie des pluies, par exemple, ou durant le "kunapipi" un culte lié à la fécondité, où il symbolise la matrice de la Mère Originelle.
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            Comment joue-t-on du Didjeridoo ?
Les premieres vibrations:
                    Il faut tout d'abord vous relaxer, et détendre vos joues. Il faut les faire travailler de façon à pouvoir émettre un son. Gonflez-les puis faites les joues creuses, ouvrez et fermez la bouche; faites ces mouvements durants plusieurs minutes afin de vous assouplir les joues. Soufflez en faisant vibrer vos lèvres comme lorsque vous soupirez de lassitude. Une fois cette technique assimilée et maîtrisée, transférez-la à l'embouchure du Didjeridoo en vous assurant que cette dernière recouvre toute votre bouche.                    Pour commencer, soufflez doucement - ni trop fort, ni trop faible - afin d'émettre un souffle continu.
Faire varier les vibrations:
                    Pour faire varier les vibrations, il suffit  de souffler plus fort ou plus faiblement. Vous pouvez aussi faire varier ces vibrations en comprimant vos joues lentement au début puis plus rapidement.
Poussez des petits cris:
                    Durant les vibrations, il vous est tout à fait possible d'émettre un son avec vos cordes vocales comme l'aboiement d'un chien, par exemple. Si cela vous parait difficile au début, entrainez-vous, face à une glace, à faire des bruits sans bouger vos lèvres. Quand vous serez passé maître en l'art, vous pourrez tout à fait parler tout en jouant du Didjeridoo. Mais commençez par des cris d'animaux, ce sera plus simple.
Utilisez votre langue:
                    Durant les vibrations, faites varier votre langue d'avant en arrière dans votre bouche. Venez à la limite du trou formée par votre bouche et vous entendrez des sons aïgus et graves. Si vous comprimez vos joues en même temps, les sons seronts plus aïgus.
La respiration circulaire
Physiologiquement, il est impossiblie d'aspirer et de rejeter l'air en même temps. En développant la technique qui consiste à expulser l'air de la bouche avec les joues et la langue tout en aspirant par petites bouffées par le nez, on peut réaliser ce qu'on a appelé la respiration circulaire. Le principe est semblable à celui que l'on utilise pour jouer de la cornemuse. Il existe un nombre de moyens pour aider à développer et à renforcer cet art de coordination. Pour en faciliter I'apprentissage, ce processus a été divisé en huit étapes.
    1ère étape
L'affermissement des muscles des joues. Au cours de notre vie de tous les jours, nos joues remplissent la tâche qui leur est propre à savoir d'empêcher la nourriture de tomber de notre bouche,... etc. Pour une utilisation extraordinaire, un entrainement s'impose. Face à une glace, gonflez puis contractez vos joues. Répétez ce mouvement d'une manière continuelle sans toutefois exagérer au début car cela pourrait devenir douloureux. L'accent doit être mis sur la compression des joues car c'est cette contraction qui sera ensuite utilisée pour forcer l'air dans Ie Didjeridoo tandis que vous aspirerez l'air, par bouffées rapides, par le nez.
    2ème étape
En gardant les mains libres, remplissez vos joues d'air. Pressez alors fermement vos joues avec vos mains tout en résistant à la pression de l'air expulsé entre les lèvres serrées. Le "son de pet" qui en résulte indique que vous êtes sur la bonne voie.
    3ème étape
Maintenant, répetez la 2ème étape (avec les mains libres) et en même temps aspirez une petite bouffée d'air par le nez en vous assurant que les deux actions sont simultanées. Ceci est un exercice de coordination. Si vous n'obtenez pas initialement les résultats quc vous désirez, remplissez votre bouche d'eau et tandis que vous expulsez l'eau en comprimant les joues (préférablement dehors ou sur un évier) aspirez et exhalez par le nez. Une fois que vous y serez arrivé, réalisez cet exercice avec de l'air seulement.
    4ème étape
Maintenant, en utilisant la force de vos joues. comprimez-les comme vous le faisiez avec l'eau. En même temps, à chaque contraction et expulsion d'air, prenez une petite bouffée d'air par le nez.
    5ème étape
La technique décrite ci-dessus est maintenant transférée au didjeridoo et l'air inhalé est expulsé dans Ie Didgeridoo et produit le bourdon.
    6ème étape
Maintenant l'exercice devient un peu plus compliqué. Ralentissez les vibrations de vos lèvres quand vous comprimez vos joues et aspirez pour produire le bourdon plutôt que le "son de pet". Le reste de l'exercice demeure le même. Maintenant, accélérez le processus pour éliminer les interruptions.
    7ème étape
Pour renforcer encore cette technique nouvellement apprise, placez une paille dans un verre d'eau. En forçant l'air hors de votre bouche utilisant les joues et la langue (qui glisse en avant, donnant quelque chose comme un piston dans une pompe), produisez un flot continu de bulles tout en prenant de petites bouffées courtes par le nez.
    8ème étape
Une autre technique pourrait s'avérer utile pour réussir la respiration circulaire. Alors que vous jouez le bourdon de base, contractez les joues et puis gonflez-les. (Imaginez le soufflet du forgeron à la forge).Une fois que cela devient automatique, aspirez une petite bouffée courte par le nez toutes les deux contractions selon la technique mentionnée auparavant. Maintenant vous maitrisez la respiration circulaire de base, il suffit de bien vous entrainer pour raffiner votre technique et incorporer la quantité d'air dont vous avez besoin pour jouer des rythmes différents.
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LE MANOK

            Un autre instrument de musique aborigène est appelé MANOK en langue murinbada (maribata). Cet idiophone consiste en une paire de bâtons de percussion en bois dur qui sont entrechoqués. Le bois utilisé est le bois de fer (Erythrophieum chlorostacLys), qui est si lourd qu'il ne flotte pas dans l'eau. Le plus grand des deux bâtons, celui qui résonne, mesure environ 50 cm de long: il est taillé en fuseau, renflé par le milieu (environ 7 cm) et plus fin vers les extrémités (environ 4 cm). Le deuxième bâton, celui qui frappe, possède un bout arrondi et mesure à peu près 30 cm de long, avec une épaisseur d'environ 3 cm. La nuit, le son métallique produit par ces bâtons peut être entendu à des kilomètres à la ronde; il ressemble au son produit par le marteau frappant sur une enclume.
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LES GENRES MUSICAUX


                    Le WONGGA est chanté lors des cérémonies de circoncision et aussi en des occasions moins solennelles. La mélodie commence très aïgu, comme une voix sur le point de muer; ensuite, elle devient plus grave, puis s'arrête. Pendant ce temps, on n'entend que le son du didjeridoo et des manoks. Une vingtaine de secondes plus tard, on recommence comme au début de l'explication.
                    Le GUNBORG emploie des mots précis. Il se chante dans la partie sud de la terre d'Arhem lors des échanges de marchandises ou pendant les préparatifs pour un mariage.
                    Le chant BUNGGAL comporte des paroles compréhensibles et qui forment un cycle. On le chante dans le Nord-Est de la terre d'Arhem.
                    Le GINBIR est un corroboree typique de la partie centrale de la terre d'Arhem, avec des mélodies peu variées. Si des danseurs se joignent au chant et cri, cela donne un meilleur effet.
                    Les chants UHAR et  NGURLMAK sont des chants secrets ou sacrées, chantées sur un ton aïgu.    

LE CHANTEUR

                    Le "songman", ou chanteur principal, possède une belle voix et une grande culture musical dûe à ses nombreuses années d'apprentissage. Certains chanteurs peuvent citer jusqu'à 20 noms de leurs prédécesseurs dont ils héritent leurs chansons. Ils ont aussi l'exclusivité de leurs chanson et si quelqu'un voulait leur emprunter, il faudrait payer. Le chanteur est un homme populaire et s'il le désirait, il pourrait vivre de son art.
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Les corroborees: A l'occasion des corroborees, les tradionnelles cérémonies initiatiques qui marquent les differentes étapes de la vie des individus et des groupes, les aborigènes se rassemblent pour raconter des histoires, et pour chanter et danser en marquant le rythme à l'aide des boomerangs, de claquettes ou encore de massues en jouant du Didjeridoo. Lors des corroborees, les danseurs et les acteurs sont couverts de peintures symboliques élaborés, composées principalement de rouge, de jaune, de noir et de blanc. Les pigments sont tirés exclusivement de produits naturels (ocre, charbon, gypse...) et sont généralement fixés par la sève d'eucalyptus mais aussi, parfois, grâce au sang humain.  
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La technique instrumentale de base consiste à jouer une note basse fondamentale profonde en soufflant et en faisant vibrer les lèvres sans les serrer. Les mouvements des lèvres et de la bouche font varier le timbre et il est possible d'obtenir des harmoniques complexes en superposant diverses hauteurs de son vocalisées sur le son soufflé (définition donnée par le Dictionnaire encyclopédique de la musique, article de T.A. Jones, Université d'Oxford). Cliquez sur Revenir et vous verrez qu'un peu plus loin dans le paragraphe, j'explique comment jouer du Didjeridoo